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En 2005, l'Union Européenne a fixé le caractère obligatoire de la traçabilité pour tous les produits agroalimentaires (Règlement CE 178/2002), le définissant comme étant l’ensemble des actions et procédures techniques qui permettent d’identifier et retracer chaque aliment, de sa naissance, transformation, production et entreposage jusqu’à sa distribution, visant par là-même à obtenir une information considérée par le consommateur comme importante. De cette façon, la traçabilité alimentaire s’installe comme un nouveau modèle pour évaluer la qualité et la sécurité des aliments pour l’exportation, puisqu’elle rassure les consommateurs.
D’après les mots mêmes de Rafael Campo, Directeur de Projets de Dicoa Industrial S.L., considérer la traçabilité comme un élément propre et exclusif aux grandes entreprises est une erreur très courante qui engendre le désintérêt des PME lorsqu’elles doivent décider si installer ou non cette procédure. Ce système n’est pas réservé aux grandes entreprises, même s'il est installé dans la plupart d’entre elles. Les exigences du marché obligeront le vaste réseau des PME alimentaires de nos régions à s’adapter aux exigences de la traçabilité.
Dans une chaîne de production, la qualité nous concerne tous, et cette implication tout comme sa gestion idoine, permettra à une entreprise d’être ou ne pas être compétitive sur son marché et par conséquent pouvoir ou non s’y maintenir.
Il est vrai que la traçabilité, lorsqu’elle est correctement appliquée, n’est pas bon marché ou du moins suppose un investissement important. Toutefois, cet investissement aboutit, par le biais d’une meilleure implantation sur le marché, à une augmentation des ventes, consolidant la rentabilité et la compétitivité de l'entreprise, justifiant ainsi cet investissement.
Il est important de souligner que pour les petites et moyennes entreprises cela peut supposer un effort financier, en fonction de son importance, supérieur à leurs possibilités. Et cela sans évoquer le côté technique qui très souvent se situe hors de leurs possibilités dans la mesure où elles n'ont pas de personnel ni de structure technique adaptée pour pouvoir l’envisager.
Dans ce cadre, il convient de souligner que le manque d’installations adaptées, dû au manque d’espace, à une technicisation insuffisante, une main d’œuvre non qualifiée…est un handicap notable qu’il faudrait résoudre préalablement à l’installation d’un système de traçabilité, renchérissant de ce fait les coûts initiaux. Ce qui est vrai, c’est que les bénéfices pour les PME sont très importants, par exemple :
- Amélioration de l’approvisionnement : en installant un système de traçabilité, le rendement de chaque fournisseur peut être déterminé, c’est-à-dire qu’il permet de réaliser des audits sur les fournisseurs et réaliser une analyse prix-qualité pour chacun d’entre eux.
- Augmentation de l’efficacité dans la production : en permettant l’analyse par lots individuels, la productivité par lot peut être déterminée et ainsi détecter les erreurs par lots inhérentes au processus de production, comme les températures, le mauvais traitement des produits, les erreurs des travailleurs, etc. Ce contrôle engendre la diminution des erreurs dans les mélanges de produits, l’augmentation de la productivité ainsi que l’augmentation de la capacité disponible.
- Améliorations dans le stockage : la traçabilité permet un contrôle absolu des produits. Dans le cas du stockage, elle se traduit par une rotation mieux adaptée, une réduction des problèmes de péremption et une amélioration de la gestion du magasin.
- Amélioration dans les processus logistiques : grâce à la traçabilité en temps réel, les coûts dus à des erreurs d’envoi, de temps de transport, de retours ou de ruptures de stock sont minorés. En résumé, on dispose des informations sur tous les contrôles passés par chaque secteur de produit. Cela permet, d’un côté, d’apporter plus d’information au client et plus de valeur au produit et de l’autre, à un niveau interne, de pouvoir analyser tout le processus de production et, en cas d’erreur, identifier où exactement celle-ci a été commise.
Les résolutions ne sont évidemment pas faciles, mais une solution pour les mener à bon terme serait d’établir une planification échelonnée des objectifs, ce qui permettrait d’avancer par étapes jusqu’à parvenir à l’installation globale du système. Sans parler des normes d’hygiène et sanitaires, qui ont un caractère obligatoire, il s’agirait de se fixer un but dans l’obtention de la traçabilité et essayer d’y parvenir en atteignant des objectifs liés aux processus de production et à la chaîne de distribution et production globale.
Dans ce cadre et dans le but d’économiser des coûts, il serait nécessaire de regrouper les différentes industries qui en font partie et qui présentent une problématique commune (le secteur de la viande n’est pas identique à celui de l’agriculture, le secteur de l’élevage bovin diffère de celui de la volaille, tout comme le secteur des fruits et légumes diffère de celui de la conserverie, etc.) et étudier leurs processus : les définir et rechercher une standardisation à même de réduire au minimum les coûts et partager les solutions. Le même processus s’appliquerait à toutes les composantes de la chaîne de distribution.
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